Et si tes rêves t'ouvraient des portes ?

Il y a sept ans environ , j'ai osé réaliser un rêve. Un rêve que j'avais repoussé plusieurs fois malgré certains signes. Je te raconte tout ça.

Je suis assise devant cette feuille. Je n’ai aucune inspiration, mais je suis là dans cette salle. On nous demande de faire du collage ; j’ai merdé. C’était moche ce que j’ai fait, mais je suis dans cette salle. Premier courrier, je suis acceptée pour passer l’entretien oral. Je panique, mais je suis encore dans cette salle. Je passe le concours d’entrée pour mon école de Visuel merch (C'est une discipline qui associe la décoration et le marketing )

Tu dois te demander mais qu’est-ce que tu as avec cette salle Cindy ?! Il y a que je n’ai pas osé passer ce concours ,deux fois. J’étais en première année de BTS MUC , lorsque je tombe une première fois sur cette formation, mais j’ai peur. Je suis en deuxième année, lorsque je tombe une deuxième fois sur cette formation mais je ne me sens pas à la hauteur. Il m’a fallu rater ce BTS, prendre une année sabbatique et faire des tests d’orientation (qui m’indique que ce métier est fait pour moi) pour essayer et tenter ce concours que je vais finalement réussir. Je l’ai repoussé deux fois parce que je n’avais pas confiance en moi, parce que je ne me sentais pas à la hauteur, parce que je suis trop critique envers moi.

Je partage avec toi les trois obstacles que j’ai dû surmonter

 

Mes peurs

Il faut dire que je n’avais plus le choix, je devais trouver une formation-passion. J’avais mis tous les moyens à ma disposition. Mais surtout je n’avais plus rien à perdre. Échouer, je l’avais déjà fait avec mon BTS. Me retrouver sans perspective d’avenir, je le vivais déjà depuis six mois.

On a souvent beaucoup à perdre. Une maison, des amis, une situation etc Moi j’avais peur du ridicule, je me sentais inculte avec ma médiocre culture générale et le pire, je ne me sentais pas assez créative.

Je crois qu’il y a des gens qui se donnent le droit d’être. Parfois on a besoin de vaincre (tuer, assommer, baffer…) ses peurs ou parfois de les ignorer et d’avancer sans elles sans entrer en lutte. Et j’ai choisi de les ignorer et d’avancer avec elles. Ça hurle dans ma tête,  mais je reste sur mes positions et j’y vais. (Bon parfois je veux rebrousser chemin mais je  continue sur ma lancée). Tel(le) cet(te) homme /femme que tu ne connais pas. La relation peut faire peur. Tu te dis où allons-nous et puis tu tentes quand même. On verra bien !

On me dit courageuse de me casser d’un boulot que j’aime, mais qui ne m’apporte plus de satisfaction. Mais mes amies ne savent pas que j’ai peur et que je rampe à la force de mes coudes vers mon but. Dans ma tête c’est l’anarchie, mais j’y vais.

Et si tu tentais pour voir où cela te mène ?

Il y a un autre obstacle que je devais enjamber. Un qui est plus haut et plus flippant que mes peurs et qui m’a donné du fil à retorde.

 

Mes appréhensions

Depuis que je suis adolescente, je me protège de toutes formes de discriminations. Aller dans cette école privée, c’était me retrouver avec des « riches » ou des « bobos parisiens » mais surtout avec une classe 100% blanche. J’avais trop d’appréhensions. Je me disais que j’allais vivre l’enfer, moi la seule noire de la classe qui venais de ma petite banlieue.

Il me fallait dépasser cela …et tu sais quoi je n’ai rien dépassé du tout. J’ai pris mes appréhensions par la main (j’ai un peu ignoré ce qu’elles me disaient) et je me suis présentée quand même. Je n’ai pas essayé de les faire taire, on est parties ensemble.

Je crois que faire ça c’était comme de lui dire : « OK tu es là pour me protéger et ben protège- moi jusqu’au bout ; viens avec moi, viens on y va quand même et on leur montre. Elles se sont tues d’elles-mêmes. Elles ont quand même, fait une petite apparition lors de mon entretien :

« -Quelle est la dernière expo que vous avez vue ?

Aucune, j’ai l’impression que …

Oui …

…ce sont des lieux interdits pour les personnes comme moi

Comment ça ?

…j’ai l’impression que ce n’est accessible qu’aux riches » 

Je me suis alliée à elles et nous sommes parties ensemble sur le front. Les ennemies de mes ennemies sont mes amies. Nous avions un même ennemi et nous sommes parties l’affronter ensemble.

Et si toi aussi tu formais une alliance avec tes appréhensions ou ce qui te freine ?

 

Mon attachement

La peur de l’inconnu et l’attachement au connu, notre confort, nos repères. Avant que ces derniers ne deviennent confortables, il a bien fallu qu’ils soient inconfortables. Je n’ai jamais fumé mais paraît-il que la première cigarette est affreuse.

C’est comme cette histoire de chant. J’ai cette impression de nudité lorsque je chante devant les autres. Mon compagnon a entendu ma voix en emménageant avec moi ; pas avant. Pourtant c’est quelque chose qui m’est vital. Cela me fait du bien mais me rend vulnérable parce que c’est moi.

Elisabeth Gilbert parle dans son livre de cet attachement. Et c’est ce dernier qui nous empêche d’avancer, de nous montrer, de rectifier.

Dernièrement, j’ai participé à un atelier de créativité avec Lyvia Cairo du site jemecasse. On parlait de la valeur qu’on voulait offrir. Cela n’a pas été facile d’arriver à lui dire que je chantais. J’avais presque les larmes aux yeux quand elle m’a dit que ce talent devait servir. Dans ma tête, je me disais non c’est à moi, c’est pour moi. Je ne suis pas Beyoncé, ni Alicia(Keys) ni Toni (Braxton) mais je sais que je procure de l’émotion. Mais comme dit Lyvia, c’est ma responsabilité et ne pas le faire c’est priver le monde de mes talents.

Ce n’est pas évident de se détacher. C’est même très dur et réussir à passer ce concours était une épreuve en soi. J’ai dû me détacher de cette vision: les riches d’un côté et les pauvres de l’autre / Les blancs d’un côté et les noirs de l’autre.

Et je lutte encore avec ça en ce moment avec les maigres d’un côté et les grosses de l’autre ou encore les talentueux d’un côté et les imposteurs de l’autre.

Cela fait partie du jeu ma pauvre Lucette (J’adore cette pub).Cela fait partie de l’aventure. Un jour , peut-être arriverai-je à bannir cette vision binaire. Pour le moment , j’avance.

Et si toi aussi tu te détachais de ce qui t’empêche d’avancer ?

 

Tu t’imagines si je n’avais pas osé tenter tout cela. Je n’aurais pas perdu 25 kilos, je n’aurais pas rencontré ma meilleure amie et mon groupe d'amies. Je n’aurais pas fait ce stage dans cette entreprise qui m’a proposé mon premier boulot. Je n’aurai pas rencontré le père de mon fils dans cette même entreprise. Je n'aurais pas vu autant d'expos . 

On dit qu’il n’y a pas de hasard, que tout est lié, écrit …je vais finir par le croire.

Et toi qu’est-ce que tu loupes en n’essayant pas ? Alors tout cela pour te dire. FONCE… TENTE… ESSAYE… et puis REUSSI… ECHOUE… RETENTE… REVIS… VIS tout simplement.